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Retour sur la  journée turbulente du 2 avril à Paris

par Babouillec SP* 

Les chapiteaux des Turbulents dressés dans un lieu improbable de la vie parisienne accueillent des personnes encore plus surprenantes.

Lucile Notin-Bourdeau, Mireille Battut, Eugénie Bourdeau, Babouillec SP, Véronique Truffert

Des êtres humains suréquipés d’antennes paraboliques en pleine crise de la haute définition.

Ils nous emmènent dans des mondes loin du monde de l’exubérante normalité de la violence et de la haine.

C’est peut être la marque de fabrique de cette journée particulière sur l’agenda, Journée Internationale de l’Autisme, de raconter l’existence d’autres formes de pensées capable d’interroger les acquis culturels et sociaux.

N’échappant pas à la règle, mon autisme est diagnostiqué très déficitaire car la règle ne tient pas compte de mes capacités intellectuelles car mes capacités physiques n’entrent pas dans les cases.

Eugénie Bourdeau, Babouillec SP,

Avant que l’idée qu’un monde singulier puisse être un pilote de conscience, un guide d’une autre forme de relation humaine, il faudra quelques Journées Internationales de l’Autisme.

Cette journée joviale restera marquée par la parole donnée aux familles et aux professionnels dans la joie et la bonne humeur de parler la langue d’être des humains de même souche.

 

*Babouillec SP est une jeune femme autiste non verbale qui écrit avec des lettres imprimées sur des cubes en bois ou des morceaux de papier 

Eugénie Bourdeau, Valérie Gay-Corajoud, Lucie Martin-Bourdeau, Alexandra Langlois

Et par-dessus, ce sentiment puissant de faire partie d’une famille… d’une pensée… d’un mouvement.

J’ai, gravé dans le cœur à tout jamais, l’image de ces mamans et de leurs enfants extraordinaires qui nous mettent au monde. 

Ces mamans dont je suis. 

Parce qu’il ne suffit pas de naître pour être au monde.

Il ne suffit pas de donner naissance pour être mère.

Parce que le handicap n’est pas une porte fermée ! Mais bel et bien un chemin particulier, ouvert sur un monde riche d’une vision particulière.

Parce que nos vies s’en trouvent grandies.

Ce n’est pas une vie contre une autre ! Ce n’est pas s’oublier pour son enfant ! 

par Valérie Gay-Corajoud*  

Mélanges.

Mélange des âmes, des talents, des goûts… des peines et des joies.

Mélange de vies… Des rencontres qui résonnent dans tous mes sens.

C’est juste décider de rester à ses côtés et d’illuminer son chemin afin qu’il ne s’y trouve pas seul, afin qu’il ne s’y perde pas, afin que nous puissions le voir et qu’à tous moments il puisse nous voir.  

Car il ne serait être question de les laisser de côté, et qu’à l’inverse, nous restons à leurs côtés.

Et c’est ce que j’ai vu aux chapiteaux turbulents ce 2 avril 2016, journée de l’autisme.

J’ai vu des personnes fabuleuses, riches et généreuses qui rendent le monde meilleur.

J’ai vécu des heures précieuses à leurs côtés, j’ai touché leur peau, leur âme, leur sensibilité particulière. 
Ils ont semé dans mon cœur des perles magiques qui m’ont changée à tout jamais. 

La philosophie poétique de Babouillec, les dessins sensibles de Lucile, les constructions précises et colorées de Mahé, le monde photo-numérique d’Enzo et celui codifié et empathique de Théo et tant et tant de beauté en eux qu’elle déborde et éclabousse en permanence… 

Et leurs mères à leurs côtés… les bras autours d’eux comme des lampions de couleurs pour éclairer leurs chemins.

Pour éclairer leurs vies.

Pour colorer nos vies. 

 

* Valérie Gay Corajoud est la maman de Théo. Elle est l'auteure de "Autre-Chose dans la vie de Théo", "Nos mondes entremêlés" et coréalisatrice de "Le Monde de Théo" et "L'Autisme, Couleur Améthyste".  

Par Théo Fache * 

Théo et Enzo

C’était bien de rencontrer d’autres enfants autistes tous différents même si des fois c’était dur d’entendre des cris. 

Moi, j’aime apprendre à ceux qui ont plus de difficultés que moi. 

 

 

* Théo Fache, 12 ans, autiste asperger, fils de Valérie Gay-Corajoud 

 

 

Les enfants jouent aux chapiteaux turbulents

En lien avec la Journée mondiale de l’autisme et l’événement co-organisé avec la CIPPA, je me suis rendue aux Chapiteaux Turbulents en bordure de Paris , le 2 avril dernier. 

Si « solidarité, rencontre, partage, vivre ensemble » étaient les maîtres mots affichés de cette journée, c’est le mode de présence des enfants qui a retenu mon attention.

Par Françoise Stark Mornington (LaMàO) 

Les soeurs Lampions

Pendant la présentation du documentaire de l’après- midi, les enfants étaient occupés à leurs affaires semble-t-il. Ils traversaient l’espace, se saisissaient de l’objet de l’autre – ici le micro –  le reposaient, sortaient, entraient, riaient parfois. Certains pris dans la relation à leur objet, dessinaient, créaient. Face à ce primesautier charivari, les adultes présents ne se faisaient pas porteurs d’un objectif éducatif rigide. La production artistique comme marque d’un savoir – y – faire avec un Autre sur mesure est le témoignage de la place laissée à lalangue singulière du parlêtre. 

Nous avions tout bien balisé, minuté, chronométré pour que tout le monde se sente bien, contenu dans un programme minutieusement concocté par notre groupe de parents et de professionnels attentifs. Et dans ce cadre la surprise a pu jaillir et s’épanouir ! Lucile a tendu la main pour demander  le micro, elle a chanté en dansant et fut rejointe par la danseuse. Toutes deux mieux que tous les discours, en illustration du film que nous venions de voir, toutes deux nous ont démontré que la rencontre est là, prête à être vécue dés que nous sommes prêts à l’autoriser. Et c’était beau. Un beau cadeau aux organisateurs.

Par Valérie Montreynaud -CIPPA 

Spectacle aux Chapiteaux turbulents

La journée a été pour nous une très belle journée. Nous avons apprécié l’accueil très familial. 

L’organisation par thème était une très bonne idée. Nous avons pu discuter avec des familles et des professionnels et cela a été vraiment très intéressant.

Les familles ont besoin de partager entre elles et je suis sûr que vous avez d’autres occasions pour le permettre.

Nous avons sincèrement apprécié ce moment d’échange car j’ai pu m’exprimer en tant que parent et passer le message positif que je souhaitais transmettre sur l’intégration scolaire possible des jeunes autistes. Il n’est pas facile pour les familles de  s’exprimer en public. Mais il est important que professionnels et familles s’expriment  et surtout expriment leur collaboration, ce qui a été le cas.

Spectacle aux Chapiteaux turbulents

Par Benoit Morisset (parent)* 

Des lumières dans la nuit,
Un bestiaire fabuleux,
Un cabas,
Des sacs,
De la musique,
Des ballons qui s’envolent,
Des gens qui dansent dans les airs.

 

 

* Marie Ollier est la mère de Jean. Elle est l'auteure du livre illustré : Les jours de Pépin 

Marie Ollier

Par Marie Ollier (parent) * 

Le moment du petit chapiteau était aussi très convivial et a permis de nombreux échanges. Pour Thibaud, les assemblées sont difficiles à vivre. Donc pour lui les prises de paroles n’ont pas été un moment agréable. Par contre  la Batucada a été une super bonne idée ! Thibaud est très réceptif à la musique et la danse. Il a passé visiblement un agréable moment sur la piste ! 

Cela nous a fait réfléchir , car Thibaud n’est pour nous pas apte à intégrer un ESAT traditionnel ( son temps de concentration n’étant pas suffisant pour assurer le rendement minimum ! et oui la sélection est dure en ESAT ! ) la présentation de l’ESAT à objectif artistique nous a fortement intéressé. 

 

*Benoît Morisset est le père de Thibaud et auteur du livre Thibaud, jeune autiste, charmeur d’un autre monde 

Marie Ollier

Par Marie-Hélène Pottier (LaMàO Normandie)  

La musique était telle que la piste du chapiteau c’est transformée en piste de danse !
Je me suis dirigée vers la piste de danse !
Un jeune homme encouragé par Mariana est venu sur la piste de danse !
Son regard charmeur m’a attiré !
Nos mains se sont rejointes !
Et nous avons esquissé des pas de danse !
En dehors de la piste de danse !
J’ai rencontré Benoit Morrisset et son fils !
Ma surprise et la sienne !
Thibaud, nous avons dansé ensemble !
Benoit était ému! moi aussi !
Tu sais Thibaud! je n’oublierai jamais cette danse !
Depuis je découvre ton livre écrit par ton père !
Quel charmeur tu es !

Par Marie-Annick Dion (LaMàO Normandie) * 

Les Chapiteaux Turbulents : le destin de la Poupée Casquette

 

Quand je pense à cette jolie journée aux Chapiteaux Turbulents, je pense à tous ces petits moments que j’ai surpris en regardant vivre les enfants dans ce lieu sans pareil. 

Si j’ai aimé profondément rencontrer les « grands », parents et amis de ces enfants, j’ai par dessus tout été bouleversée de voir les « petits » venir habiter leur événement, leur journée, avec tant de personnalité. 

J’ai vu Mahé, campé devant ses œuvres exposées, demander à la petite sœur d’Enzo : 

T’es un enfant de La Main à l’Oreille toi aussi ?
Ouais. C’est grâce à mon frère !, lui répond Julie, très fière.
J’ai dû négocier avec une petite dame haute comme trois pommes qui voulait emmener Autre Chose, l’objet précieux de Théo : j’ai troqué un dinosaure sacré contre un galet coloré.

J’ai vu le preneur d’images renoncer un moment à filmer, poser sa caméra et s’asseoir derrière Enzo, les yeux grands ouverts, sidéré de voir apparaître des monuments numériques sous les doigts agiles d’un architecte des pixels.  

Les enfants improvisaient leur journée, circulaient, partie prenante des débats et des spectacles des grands. Mahé libérait les ballons, Lucille a chanté, Babouillec a laissé l’assemblée prendre la dimension de ses mystères. 

Mon Petit Traité d’Antoinologie, témoignage de la valeur de l’invention dans la rencontre avec l’autisme, était juste à sa place, là où il était supposé être, un livre parmi d’autres dans un chapiteau vivant. 

Il y a eu aussi toutes familles que je n’ai pas eu le temps de rencontrer, mais dont les interventions m’ont marquées, posant leur pierre dans ce grand décor coloré où il était en même temps question d’avoir les deux pieds dans le sérieux, dans la création, et dans le rire. 

Et puis il y a eu les moments d’après, que j’ai eu la chance de partager avec certains !

Des mamans d’enfants pas comme les autres traversent un supermarché en ayant cette discussion universelle sur celui qui mange de tout, celui qui ne mange rien, celui qui ne mange que ça, et celui qui ne mange pas de légumes.

Une soirée qui jongle entre le sérieux et le rire, rassemblement improbable qui pourtant fonctionne comme une évidence.

La plus jolie des évidences, c’était celle de Louis, qui a trouvé naturel mais aussi un peu drôle de venir dormir près de moi. 

Je suis repartie riche de souvenirs précieux, et remplie d’énergie pour travailler. 

J’ai ramené une étrange poupée bleue, croisée sous ce drôle de Chapiteau. Maintenant elle habite chez moi et dort avec ma fille. Elle s’appelle la Poupée Casquette, et comme un clin d’œil, elle me rappelle au quotidien les jolis moments vécus avec les Turbulents.

 

* Marie-Annick Dion, responsable de LaMàO Normandie, est l'auteure du livre : Petit traité d'antoinologie, décrivant son expérience en tant qu'auxiliaire de vie auprès d'une jeune garçon autiste.  

La troupe LaMàO aux Chapiteaux Turbulents